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Les apprentis, une tradition chez Elsevier Masson. Retour d’un maître d’apprentissage

Les apprentis, une tradition chez Elsevier Masson. Retour d’un maître d’apprentissage

Si les apprentis sont une tradition chez l’éditeur scientifique Elsevier Masson, peu sont ceux qui ont l’opportunité d’y obtenir un CDI. Tarik Oulehri, directeur du développement éditorial et maître d’apprentissage de Léa Dumoux, diplômée du Master IEC de l’Université de Cergy-Pontoise, livre sa vision de l’apprentissage.

Aviez-vous déjà travaillé avec des apprentis ou s’agissait-il d’une première avec Léa Dumoux ?

Oui, on a déjà travaillé avec des apprentis, on a toujours eu et on a toujours des apprentis, on a toujours cherché à avoir des apprentis dans l’équipe, à la fois pour avoir du sang neuf, et puis, je dirais que c’est une « tradition elsevirienne » d’avoir des apprentis, aussi bien dans notre service que dans d’autres départements.

S’agissait-il d’apprentis du CFA SACEF ?

Pas toujours, on a eu des apprentis de différents horizons. Mais Léa n’était pas la première du CFA SACEF.

Concrètement, comment s’est traduit votre rôle de maître d’apprentissage au quotidien et tout au long du contrat ?

Je dirais que le rôle de maître d’apprentissage s’estompe très vite, on peut dire que quand l’apprenti arrive chez nous, il a un maître d’apprentissage pendant deux mois, et après, il a un manager. Chez nous, l’apprenti a de vraies missions, de vraies responsabilités. Naturellement, au début, il doit tout apprendre, les process, les techniques, mais également, et c’est très important, le savoir-être, le savoir-faire, comment évoluer en entreprise, les interactions avec les autres personnes. Et une fois qu’on a vu que la personne est bien cortiquée, on lui met des choses parfois relativement lourdes sur les épaules, comme aux autres membres de l’équipe. Le maître d’apprentissage devient manager et on va dire aussi qu’il se retrouve au milieu d’une équipe de maîtres d’apprentissage, puisqu’il y a des échanges, et tous les éditeurs de développement – ou content project manager, c’est le poste qu’occupait Léa chez nous – sont à sa disposition pour l’aider, pour lui montrer comment faire les choses, pour l’inviter à participer à des réunions avec des auteurs. Voilà comment se fait la maîtrise d’apprentissage.

Vous accompagnez donc progressivement l’apprenti vers l’autonomie.

Tout à fait. Naturellement, au début, on lui confie des projets à faibles enjeux économiques. Ensuite, on lui confie des étapes de projet, et, généralement au bout de six mois, il finit par avoir son ou ses projets, à mener du début jusqu’à la fin. On ne perd pas de vue que l’apprenti est là pour travailler dans l’édition et on évite à ce qu’il y ait un apprentissage trop spécifique à Elsevier et aux process Elsevier. Par exemple, dans la fiche de poste des éditeurs de développement, il n’est pas dit qu’ils doivent assister aux réunions commerciales ou aux comités éditoriaux, cela ne fait partie de leurs attributions, mais on trouve toujours très important que l’apprenti aille aux réunions commerciales, pour qu’il voie les représentants commerciaux, comment ils défendent nos produits auprès des libraires, comment se fait la diffusion. On l’envoie faire des tours en librairie avec des représentants commerciaux, pour qu’il voie ce que pensent les libraires du livre qu’il a fait. Il assiste aussi à des comités d’édition pour voir comment un éditeur d’acquisition défend son projet pour qu’il soit accepté par le comité. Tout ça pour qu’il ait une vision complète du métier d’éditeur si plus tard il va dans une autre maison d’édition qui ne fonctionne pas comme Elsevier Masson, on ne veut pas qu’il soit marqué au fer rouge « Elsevier Masson ».

Quels contacts avez-vous eus avec le CFA tout au long du contrat ?

C’était par l’intermédiaire de l’apprenti. Le cas de Léa est un peu particulier, car son enseignant était également employé dans la même entreprise, donc on avait la chance de pouvoir faire ça régulièrement, autour d’un café, par exemple. C’est vraiment très atypique, ce n’est pas très représentatif. Il y a eu une ou deux réunions formelles où on a rempli les documents de suivi, mais on fait régulièrement des points. Tous les quinze jours, je fais un point sur le travail avec l’apprenti, au même titre que je fais le point avec les autres éditeurs de développement. Mais avec un focus particulier pour l’apprenti, pour voir s’il a des questions particulières, sur la façon d’aborder un problème, comment on fait rentrer un manuscrit, la part de séduction dans le discours que l’on déploie envers l’auteur, ce que l’on dit, ce que l’on ne dit pas, ce qu’il ne faut pas dire, les petits mensonges qu’on a le droit de dire dans le monde du travail, et toujours s’arranger pour que le mensonge devienne une vérité dans les 48 heures ! (rires)

Que pensez-vous du rythme d’alternance de 3 jours en entreprise et 2 jours à l’université ?

Ce n’est pas assez, il faudrait que l’apprenti reste en entreprise sept jours par semaine ! (rires) Non, je pense que c’est une bonne chose pour l’apprenti de revenir vers la théorie. Je pense qu’il y a un changement de rythme qui est parfois un peu difficile à gérer. En entreprise, on va vite, on a beaucoup de choses à faire, on est sur du concret, et je sais que Léa, comme d’autres apprentis, trouvait que les choses allaient un peu trop lentement dans les cours théoriques, mais qui sont nécessaires. Il y avait aussi un décalage entre ce qui était enseigné et ce que l’on faisait ici, parce que dans nos méthodes de publication, on est toujours très en avance, parfois on essuie les plâtres dans notre manière de publier, de composer, de travailler les contenus, les textes, les images. De mon point de vue, les cours théoriques d’édition restent très traditionnels, le travail chez nous est donc complémentaire. De toute façon, ce côté traditionnel existe encore et est pratiqué par beaucoup de maisons d’édition.

Comment s’est déroulée l’embauche en CDI de Léa ?

Il se trouve qu’il y a eu un poste de disponible suite à un départ. On avait apprécié le travail et la persévérance de Léa, elle se battait pour obtenir ce qu’elle voulait de la part des auteurs dans les délais. Ce sont des qualités personnelles que l’on ne voulait pas voir partir ailleurs. Sachant que les techniques et les process, le métier, on les apprend facilement. Et puis, chez Elsevier, ce n’est pas la peine de bien retenir les choses, car ce qu’on fait aujourd’hui sera obsolète demain. Comme on dit chez nous, tout ce qui ne bouge pas, c’est le changement permanent ! (rires)

Léa avait donc des qualités éditoriales, mais aussi un caractère adapté à Elsevier Masson. Ici, on a un quotidien assez chargé, on doit travailler sur beaucoup de projets en même temps, dans une journée on accomplit une multitude de tâches, on essaie toujours de tout faire « right the first time », c’est-à-dire toujours bien faire du premier coup, pour ne pas avoir à corriger après, c’est un rythme très rapide. Elle avait à peu près toutes ces capacités-là. Elle était aussi résistante à la charge de travail (rires). On lui a donc conseillé de présenter sa candidature, parmi d’autres candidatures en interne et en externe. Naturellement, en plus de son savoir-faire et de son savoir-être, elle avait beaucoup de chances d’être prise, parce qu’elle connaissait les process et les outils. Voilà pourquoi on a voulu que ce soit elle. Mais cela ne s’est pas fait automatiquement, elle était en concurrence avec d’autres profils qui étaient très intéressants.

En tant que référent de Léa, qu’avez-vous pu retirer de cette expérience ?

Vous me posez une colle ! (rires) Je dirais que ce n’est pas la routine, ce n’est pas ce qu’on fait avec tous les apprentis. Notre politique envers l’apprentissage apporte ses fruits et on est toujours très contents de pouvoir offrir l’opportunité de rester. Léa était au bon endroit au bon moment, mais malheureusement cela ne peut pas se produire toujours. Offrir un CDI à quelqu’un qui finit son apprentissage, c’est quelque chose que l’on voudrait faire presque à chaque fois que l’on a des profils intéressants, mais malheureusement il y a d’autres impératifs.

C’est pour cela que vous perpétuez donc la « tradition » des apprentis…

Toujours, cette année on en a deux dans le service, dont une du Master IEC et du CFA SACEF. Ils seront avec nous pendant deux ans, et on espère aussi pouvoir les garder si cela marche bien. C’est un bon deal, c’est du donnant-donnant. On leur apprend des choses, et, en échange, ils font un vrai travail avec nous, ils ont une vraie productivité. On est très à cheval sur les tâches qui leur sont confiées, on ne leur confie jamais un travail qu’une autre personne ne ferait pas. Par exemple, si on leur demande de faire des photocopies, ça veut dire que moi-même, en tant que directeur, parfois je fais des photocopies. Comme je dis familièrement, dans notre service, on a toujours son grouillot et on est toujours le grouillot de quelqu’un d’autre, quel que soit le niveau hiérarchique. Quand mes collaborateurs sont vraiment coincés et qu’il faut pointer des épreuves, je les aide. Les apprentis, chez nous, ne feront que ce que le directeur fera aussi. Pour nous, c’est important que les apprentis soient traités et considérés comme les autres, sachant que, naturellement, parfois on fait des choses sans eux, parce qu’ils étaient en cours et pas en entreprise.

La question vidéo à Tarik Oulheri : pourquoi faire confiance à une apprentie ?

 

Propos recueillis par Angela Pinzone, novembre 2017.

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