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L’alternance à 30 ans, c’est possible ! Témoignage de Sira, apprentie en école d’ingénieur

L’alternance à 30 ans, c’est possible ! Témoignage de Sira, apprentie en école d’ingénieur

Choisir la voie de l’apprentissage… ou comment concilier réorientation, expérience professionnelle et rémunération. Pour Sira, apprentie à l’ENPC, l’École Nationale des Ponts et Chaussées, cela a été possible grâce au prolongement de l’apprentissage jusqu’à 30 ans inclus, qui lui a permis d’intégrer l’école EFREI pour y suivre le cycle d’ingénieur proposé en alternance par le CFA SACEF.

Quel est votre parcours universitaire ?

J’ai un parcours plutôt atypique. Après un Bac S, j’ai fait la première année de médecine, qui s’organise en concours, donc en classement, puis j’ai continué en licence de biologie à Paris Descartes en faisant la passerelle. Une fois diplômée, je me suis finalement rendu compte que ce n’était pas forcément ce que je voulais faire et j’ai décidé de me réorienter. L’informatique est quelque chose qui m’a toujours interpellée et plu. Mais au vu de ma situation personnelle, il fallait que je trouve une alternative qui me permette de continuer mes études, d’acquérir de l’expérience et d’avoir un revenu à la fin du mois. Donc, j’ai opté pour l’alternance et j’ai décidé de reprendre depuis le début. En effet, je pouvais faire une passerelle grâce à ma licence de biologie, mais je voulais vraiment être performante dans ce que j’allais faire dans le futur, donc j’ai préféré reprendre de zéro et me former complètement à ça. Du coup, j’ai fait un BTS SIO (Services informatiques aux organisations) en alternance, ensuite j’ai décidé de faire un cycle d’ingénieur en alternance à l’école EFREI. Actuellement, je suis en première année.

L’alternance a donc été un vrai choix dans votre parcours…

Tout à fait. J’étais en réorientation et quand on est dans cette situation on a envie d’être sûr de ses choix et je pense que la meilleure façon d'atteindre cet objectif, est d’être sur le terrain. Je voulais vraiment acquérir de l’expérience sur le terrain pour être certaine que ce que j’allais faire m’intéresse et me permette de m’épanouir dans le futur. Indépendamment du côté financier, qui avait aussi sa part importante dans mon choix.

Où avez-vous fait votre alternance en BTS ? Quel poste avez-vous occupé ?

Pendant le BTS, j’ai eu un contrat de professionnalisation de deux ans dans la compagnie d’assurance GMF. Ça se passait très bien, j’étais bien encadrée, je m’entendais bien avec mes collègues, j’aurais pu continuer l’alternance dans la même entreprise, mais j’ai décidé de changer car je voulais vraiment sortir de ma zone de confort et relever de nouveaux challenges. Avec le temps, on a tendance à avoir ses habitudes, à être assuré et je voulais apprendre d’autres choses, relever de nouveaux défis. Une nouvelle entreprise est toujours un nouveau challenge.

Au niveau des missions, l’entrée en matière a été plutôt douce, n’ayant jamais réellement exercé dans l’informatique. Au début, j’ai fait beaucoup d’observation, j’assistais mes collègues dans leurs interventions, jusqu’à ce que je devienne indépendante sur certains types d’incidents. Ceci m’a amenée à faire de la gestion d’incidents en autonomie et du pilotage de tickets d’incidents, en gérant leur résolution ainsi que le côté quantitatif et qualitatif. Je faisais des statistiques en fin de semaine ou en fin de mois, ce qui permettait de déterminer la qualité de gestion des techniciens au niveau des incidents, pour savoir si c’était géré rapidement, quel était le délai de traitement. Et je faisais des comptes-rendus au responsable pour que les briefings soient faits en conséquence et pour qu’on puisse améliorer la prise en charge des tickets. En deuxième année, j’ai réalisé deux projets. Le premier pour permettre la mise à disposition de consoles d’administration via une infrastructure CITRIX au service Administration des applications métiers, dans le but d’installer et de publier des applications. Le deuxième avait pour objectif d’améliorer la lisibilité des rapports d’infrastructure de l’entreprise. Les administrateurs de ce même service recevaient chaque jour une grande quantité de rapports par mail, ces derniers pouvant être considérés comme des spams. Pour réduire le nombre de mails reçus, il a été décidé de centraliser ces informations sur un serveur web, mis à jour quotidiennement et accessible en permanence. Par ailleurs, pour assurer la disponibilité du service, une solution de monitoring de ce dernier, via script, a été mise en place.

J'aurais pu continuer l’alternance dans la même entreprise, mais j’ai décidé de changer car je voulais vraiment sortir de ma zone de confort et relever de nouveaux challenges. [...] Une nouvelle entreprise est toujours un nouveau challenge."

Où êtes-vous actuellement ? Quelles sont vos missions ?

Maintenant je suis à l’ENPC, l’École Nationale des Ponts et Chaussées, à la DSI, la Direction des Systèmes d’Information. J’ai beaucoup plus de missions, je fais de la migration de serveurs en interne et de l’externe vers l’interne, de la gestion de tickets d’incident, de la gestion de listes de diffusion, de la migration de clusters — qui sont des gros serveurs de calculs que les laboratoires attachés à l’école utilisent — et plusieurs autres tâches.

Comment avez-vous trouvé vos entreprises ?

Avant le BTS, je travaillais comme hôtesse d’accueil en entreprise à la GMF — c’était un petit job étudiant en parallèle de mes études —, et comme j’avais un bon relationnel avec tout le monde, quand j’ai décidé de commencer ma formation en informatique, j’ai demandé s’ils recrutaient des alternants. Comme j’étais en interne, tout s’est fait rapidement : j’ai eu un entretien avec le responsable du pôle informatique, cela s’étant très bien passé, ma candidature a été validée et j’ai eu le poste. J’ai eu énormément de chance, car le responsable du pôle, qui est devenu mon maître d’apprentissage, est une personne remarquable, tant d’un point de vue humain que d’un point de vue professionnel.

Pour le contrat actuel, cela s’est fait grâce au Job Dating de mon école. L’EFREI a organisé une rencontre avec différentes entreprises et les étudiants devaient préparer des CV et passer des entretiens. J’ai vu plusieurs recruteurs, mais je voulais vraiment aller à l’ENPC, car elle me donnait la possibilité de réaliser des missions en lien avec des majeures que l’EFREI propose en troisième année, notamment la sécurité informatique, la virtualisation des serveurs, le Cloud Computing.

J’ai donc pu trouver une entreprise qui correspond complètement à mes attentes. Il y a beaucoup de challenges ; ce n’est pas toujours simple, il y a beaucoup de choses, mais c’est formateur : entre ce que j’ai appris au début de la formation, en septembre dernier, et aujourd’hui, il y a une grande différence.

Il faut préciser que je suis un cas un peu particulier, car j’avais 30 ans lors de mon entrée en contrat d’apprentissage et j’ai pu m’y inscrire car il y a un décret, qui est passé l’année dernière, qui fixe la limite d’âge à 30 ans à la date de signature du contrat d’apprentissage, au lieu de 25 ans auparavant. Je suis passée pile entre les mailles du filet, car j’ai signé mon contrat d’apprentissage à l’ENPC six mois après ce décret. Sans cela, je n’aurais pas pu faire la formation d’ingénieur en apprentissage, vu qu’elle n’est pas proposée en contrat de professionnalisation à l’EFREI. J’ai eu de la chance, c’est important de savoir que l’apprentissage est ouvert jusqu’à 30 ans, car c’est nouveau et beaucoup de gens ne postulent pas, car ils pensent ne pas avoir d’opportunités au vu de leur âge, alors que, du moins en Île-de-France, on peut faire de l’apprentissage jusqu’à 30 ans inclus, c’est génial.

J’ai pu m’y inscrire car il y a un décret, qui est passé l’année dernière, qui fixe la limite d’âge à 30 ans à la date de signature du contrat d’apprentissage, au lieu de 25 ans auparavant."

Quel est l’accompagnement du CFA SACEF et du conseiller professionnel ?

J’ai bien été suivie. Le CFA SACEF a mis en place une plateforme qui regroupe tous les documents relatifs à l’apprentissage, ce qui a facilité la signature du contrat. Le CFA a été très efficace, notamment ma conseillère, Virginie Gallet. Lorsque j’ai trouvé mon entreprise, il restait une place pour le cycle d’ingénieur. On était beaucoup de candidats pour peu de places, le premier à trouver une entreprise signait un contrat et obtenait une place en formation. J’ai fait mon entretien à la dernière place vide (j’ai encore eu de la chance !) et le CFA SACEF a été très rapide : dès que, en entreprise, le responsable de mon pôle a appelé pour dire qu’il était prêt à me recruter, tout s’est fait immédiatement. Virginie Gallet a été très disponible et réactive.

Avant la signature du contrat, on a eu des ateliers pour retravailler les CV, apprendre à les optimiser, on nous a conseillés au mieux. En cours d’année, j’ai dû changer de maître d’apprentissage, car celui que j’avais est parti de l’entreprise, mais cela s’est fait très rapidement, en quelques mails c’était réglé !

Sinon, de temps à autre, je reçois des mails pour remplir le livret électronique d’apprentissage et je sais qu’au moindre souci, ma conseillère me répondra. C’est rassurant de savoir qu’il y a quelqu’un qui est à l’écoute et qui est efficace.

Quels liens faites-vous entre la formation théorique et la formation pratique en entreprise ?

Généralement, les deux se complètent, ce qu’on voit en cours, selon les missions, on peut le voir en entreprise. Et vice-versa, selon le travail en entreprise, on peut demander à nos enseignants des compléments d’information. On ne peut pas forcément tout voir en cours, parfois on a besoin d’approfondir des choses très spécifiques, mais les enseignants sont très disponibles, on peut leur écrire pour leur poser des questions. Je n’en ai pas eu besoin jusqu’ici, mais je sais que c’est possible en cas de besoin.

Que pensez-vous de votre rythme d’alternance ?

En première année, on a 3 jours en entreprise et 2 jours en formation : lundi et mardi je suis en formation, mercredi, jeudi et vendredi en entreprise. J’aime beaucoup ce rythme. C’est un peu soutenu, il faut être autant efficace en entreprise qu’en formation, il faut gérer des projets rapidement dans l’un et dans l’autre. Les temps sont courts, mais c’est mieux, il n’y a pas de temps pour l’ennui ou la lassitude de l’un ou de l’autre : je fais deux jours en formation et je passe tout de suite en entreprise, puis de nouveau en formation. C’est très dynamique et j’aime beaucoup cela. L’inconvénient est que quand il faut gérer de gros projets, c’est compliqué, car trois jours en entreprise c’est court, mais cela reste gérable. Ce qui m’aide est que je ne suis pas seule en entreprise. Quand je suis un gros projet, même si je ne suis pas là, il ne stagne pas, j’ai un binôme qui peut continuer, il me fait un compte-rendu et je reprends la suite de l’activité la semaine suivante. Dans le cas contraire, les projets ne sont pas vitaux, du moins pas urgents pour l’entreprise, donc je peux avancer à mon rythme.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Je n’ai pas encore un projet bien défini, je n’ai pas encore choisi ma majeure. Pour l’instant, je prends mes marques, je suis vraiment concentrée sur cette première année, qui est très importante. Je pense que mon projet professionnel va se dessiner vers la fin de la première année ou le début de la deuxième année. Mais j’ai un bon penchant pour la gestion de projet et le management, je me rends compte que c’est quelque chose qui me définit bien et dans lequel je m’épanouis et je me débrouille bien.

Propos recueillis par Angela Pinzone, mai 2018.

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