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Enseignement et apprentissage : quelles spécificités ?

Enseignement et apprentissage : quelles spécificités ?

La formation en alternance repose la question des pratiques pédagogiques auprès des apprentis. Quand on est enseignant, comment adapter sa pédagogie à un public de jeunes salariés ?
Questions à Marjorie Cocault, responsable pédagogique au Lycée des Petits Champs à Paris et enseignante de français et culture générale pour des BTS en alternance du CFA SACEF.

Enseigne t-on différemment à un jeune en alternance qu’à un jeune en formation initiale ?

C’est en effet le cas. L’enseignement des matières professionnelles s’y prête car le dossier professionnel doit être le reflet de la mission en entreprise. Mais l’enseignant peut aussi adapter sa progression pédagogique en fonction de ce qu’il se passe sur le terrain. Si je prends l’exemple de la notion d’inventaire que nous devons aborder en cours pour les BTS commerciaux, on va essayer d’attendre que les jeunes l’aient pratiqué en entreprise avant de le théoriser en cours. L’idéal est de parvenir à synchroniser dans le temps les actions professionnelles et les savoirs à enseigner.

Pour de nombreuses matières nous pouvons trouver le moyen de réinvestir des vécus en entreprise."

Mais il est aussi toujours possible de faire appel à des situations professionnelles dans le cadre de l’enseignement des matières générales. L’épreuve orale d’anglais du BTS Management des unités commerciales est un sketch de vente pour lequel on peut tirer inspiration de situations professionnelles vécues. L’écrit en langue du BTS Commerce international concerne la rédaction d’une lettre commerciale, celui du BTS Services informatiques aux organisations est un « chat » sur une thématique professionnelle. En cours de français, j’utilise l’image de l’argumentaire produit pour aborder l’exercice de dissertation. Pour de nombreuses matières nous pouvons trouver le moyen de réinvestir des vécus en entreprise.

Quelles sont les difficultés les plus fréquemment rencontrées et comment les surmonter ?

Il y a déjà le souci des différences de niveaux au sein d’un même groupe car nos apprentis ont des parcours scolaires et des vécus professionnels très hétérogènes. Ensuite, on peut parfois être confronté à de l’absentéisme dû à l’ennui en cours. Les apprentis ont pris l’habitude d’être actifs physiquement et productifs. Ils ont besoin de bouger. Pour retenir leur attention, il faut toujours trouver un ancrage dans le réel, donner du sens à ce que l’on veut leur apprendre, légitimer les savoirs. Pour ma matière je vais en permanence devoir trouver des parallèles entre l’exercice rédactionnel demandé en cours qui requiert des savoirs fondamentaux, et une activité professionnelle. Ainsi, posséder de la culture générale va être utile pour tenir une conversation avec un client, ou encore la capacité à synthétiser des textes facilite la rédaction de fiches produit. On va s’atteler à la forme de l’exercice plus qu’au fond qui est transmis, et chercher ainsi des passerelles permanentes entre le monde professionnel et le cours théorique. La littérature reste un alibi pour mobiliser les compétences de l’apprenti. Cette façon de procéder est le fil conducteur de ma pratique pédagogique.

 Il faut toujours trouver un ancrage dans le réel, donner du sens à ce que l’on veut leur apprendre, légitimer les savoirs."

Quelles sont les joies et les satisfactions de l’enseignant ?

Nous sommes face à un public spontané qui ne s’embarrasse pas avec les conventions et le filtre social. Il existe une véritable relation de confiance, nous travaillons dans un esprit collaboratif. L’enseignant n’est plus uniquement le représentant de l’autorité mais il est aussi et surtout le référent. Il existe une plus grande fluidité des échanges, nous les accompagnons avant tout sur des parcours professionnels. Les jeunes viennent aussi vers nous pour nous demander des conseils sur des situations professionnelles, nos échanges s’inscrivent dans une relation d’adulte à adulte. Nous ne sommes plus professeurs de matière, mais plutôt « professeurs de vie », il y a alors décloisonnement entre les études et la vie professionnelle. Et cette situation donne aussi beaucoup plus de sens à notre enseignement.

 Nous ne sommes plus professeurs de matière, mais plutôt « professeurs de vie ». "

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