Manuéla Masquelier, maître d'apprentissage : "Nous sommes des formateurs" - 11/05/2010
Manuéla Masquelier-Boucher est chef du service Patrimoine, Direction de la Culture du Conseil général des Yvelines. Elle emploie dans son service, Samira Lhayadi, une apprentie de la licence Droit Administration Publique.
Comment avez-vous été amenée à recruter une apprentie ?
Depuis quelques temps, la direction de la culture du Conseil général des Yvelines est en pleine réorganisation. Le Conseil général ayant voté une politique volontariste sur l’apprentissage, le Service patrimoine a déposé une demande en ce sens pour 2009-2010.
Est-ce la première fois ?
J'encadrais deux apprentis l'an passé et j'avais beaucoup apprécié. J'avais envie de recommencer. Nous avons actuellement trois apprentis au sein de la direction plus un autre au musée départemental Maurice Denis.
Selon vous, quel est l’intérêt de l’apprentissage pour l’entreprise ?
Samira apprend des choses en cours qui nous sont souvent utiles. Globalement, j'essaie de faire le lien entre notre travail et ce qu'elle apprend. De plus, nous savons qu'un apprenti de votre CFA est forcément quelqu'un qui en veut, qui a de la volonté, car les cours par correspondance demandent une motivation forte. Cela oblige le jeune à développer des qualités de discipline, d'organisation et d'autonomie qui sont intéressantes pour l'entreprise. Autant de choses que l'apprenti pourra mettre en valeur sur son CV par la suite.
Quelles sont les erreurs à ne pas commettre quand on est maître d’apprentissage ?
Il ne faut pas oublier qu'il ne s'agit pas d'un salarié à mi-temps mais d'une personne en formation. Ce qui implique qu'il va falloir l'épauler plus et accepter qu'elle ne soit pas immédiatement opérationnelle. Nous sommes des formateurs. En revanche, c'est une personne qui n'est pas formatée. Quelqu'un qui a de l'expérience professionnelle présente des avantages mais aussi des inconvénients. Ce que j'aime avec les apprentis, c'est qu'ils apportent un regard neuf et ça nous aide dans notre mission de services aux Yvelinois.
Quels sont selon vous les points positifs ou négatifs de l'apprentissage ?
Le rythme est assez pratique pour nous car les jours de cours sont fixes. Ça nous permet de nous organiser. Avec Samira, 2 jours sont consacrés aux cours, et 3 jours au travail. Pour l'apprenti, le problème c'est que beaucoup espèrent être embauchés en fin de contrat. Mais ce n'est pas une obligation pour nous, surtout en période de crise. Il reste les concours mais en tant que candidat externe, c'est très difficile. L'idéal, c'est d'être embauché dans une collectivité territoriale puis lorsque l’ancienneté sera suffisante, de passer le concours en interne.
Que vous apporte votre relation avec le CFA SACEF ?
On a eu une réunion en janvier sur l'organisation de la formation qui est un peu complexe. Mais notre responsable ressources humaines est en contact permanent avec le CFA. Les relations entre la collectivité et le CFA sont donc satisfaisantes.
Quels conseils donneriez-vous à des managers qui souhaitent recourir à l'apprentissage ?
Il faut prévoir une fiche de poste détaillée pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïtés sur ce que va faire l'apprenti. Ici par exemple, nous sommes dans un service culture et patrimoine mais notre travail est essentiellement administratif et comptable. J'avais recruté un apprenti qui s'attendait plutôt à faire de la communication événementielle. Ça n'a pas marché.
Comment se passe votre collaboration avec Samira ?
En ce moment, nous sommes en sous effectif et donc surchargés de travail. J'avais peur du coup de ne pas être assez présente auprès de Samira. Mais j'ai appris qu'elle pense le contraire. Ça me rassure. Je l'emmène dans un maximum de réunions que je conduis pour lui donner une vision d'ensemble de ce que l'on fait. Samira, c'est un vrai rayon de soleil dans notre équipe. C'est important. Elle ne reste pas dans son coin et s'est intégrée facilement. Et puis nous sommes toutes les deux du Nord, ça crée des liens !